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Comment lover une amarrage proprement à bord ?
Techniques voile

Comment lover une amarrage proprement à bord ?

Laure 18/04/2026 11 min de lecture

Capter les idées principales

  • Former des ganses régulières sans passer le cordage autour du cou pour un enroulement précis et maîtrisé.
  • Le diamètre de l’amarre, entre 12 et 14 mm sur les petits voiliers, influence la souplesse et la facilité de manipulation.
  • Securiser le lovage en passant les deux dernières boucles l’une dans l’autre évite que l’amarre ne se défasse ou n’enroule.
  • Adapter le lovage à l’usage prévu, comme un départ rapide, permet de jeter l’amarre immédiatement du coffre à quai.
  • Respecter le sens de tressage à droite évite d’imprimer une tension interne et prévient les torsions parasites dans le cordage.

Le vent forçait au large de l’île de Groix, et le skipper, seul à bord, s’apprêtait à entrer au port. Il tend la main vers le coffre avant, plonge dans l’obscurité humide - et en sort une masse emmêlée d’amarres. Ce nœud improbable, presque artistique, c’est le cauchemar de tout marin. En quelques secondes, l’arrivée paisible se transforme en combat contre le cordage. Pourtant, un geste simple, répété avec méthode, aurait pu tout changer: lover proprement son amarre. Ce n'est pas qu'une question d'ordre. C’est une question de sécurité, de fluidité, d’anticipation. À bord, chaque seconde compte.

Les fondamentaux pour lover un cordage maritime

La technique des ganses successives

Lover une amarre, ce n’est pas seulement enrouler un bout autour de son bras. C’est un geste précis, presque rituel, qui demande une certaine économie de mouvements. La méthode la plus fiable consiste à former des ganses - des boucles de taille régulière - sans jamais passer le cordage autour du coude ou du genou. Cette vieille habitude, souvent vue sur les petits ports, introduit des torsions parasites dans la fibre, qui se libèrent ensuite en pleine manœuvre.

L’astuce tient au poignet. À chaque ganse, on imprime un quart de tour manuel, en tournant la main comme on tournerait une clé dans une serrure. Ce petit geste libère la tension interne du cordage et empêche la formation de coques - ces nœuds vicieux qui se bloquent dès qu’on tire. Le mouvement doit être fluide, répétitif, presque mécanique. On guide l’amarre de la main gauche vers la droite, en déroulant le bout à l’horizontale, sans à-coups.

Certaines amarres en tresse plissée supportent mal les mauvais pliages. Si vous sentez que le cordage résiste, se tord ou forme des accrocs, c’est que la torsion n’est pas bien gérée. Prendre le temps de lover avec méthode, c’est gagner un temps fou en situation réelle.

Les accessoires indispensables pour un rangement efficace

  • Des sacs à bouts pour garder les amarres à l’abri de l’humidité et du sel
  • Des supports en cockpit pour éviter que les cordes ne traînent dans l’eau
  • Des marqueurs colorés pour identifier rapidement chaque amarre selon sa fonction

Choisir le bon diamètre de bout

Le diamètre de l’amarre a un impact direct sur la facilité de lovage. Sur un petit voilier de 8 à 10 mètres, un diamètre de 12 à 14 mm est courant. Il est assez souple pour être manipulé à la main, mais suffisamment résistant pour tenir aux courants. Les amarres trop épaisses, au-delà de 16 mm, deviennent lourdes et difficiles à plier régulièrement. À l’inverse, un cordage trop fin risque de glisser entre les doigts et de s’emmêler plus facilement.

Le choix du matériau joue aussi. Les amarres en polyamide offrent une excellente élasticité, ce qui les rend agréables à manipuler, mais elles s’allongent sous charge et peuvent être plus grippantes à lover. Les cordages en polyester sont plus rigides, mais plus stables dans le temps.

L’utilité des sacs et supports de cockpit

Un sac bien adapté permet de conserver l’amarre propre, sèche, et surtout, prête à l’emploi. Il évite aussi les frottements contre l’hélice ou les fonds de cale, qui abîment prématurément la fibre. Certains plaisanciers utilisent des crochets magnétiques ou des passe-partout pour maintenir les bouts en place selon les manœuvres. L’objectif est simple: que l’amarre sorte du sac sans heurts, sans s’accrocher, et sans s’entortiller.

Sécuriser le lovage pour éviter les nœuds

Un bon lovage ne s’arrête pas à la dernière ganse. Il faut le sécuriser pour que l’amarre tienne en place, sans qu’elle se défasse ni ne se noue d’elle-même. La méthode classique consiste à passer les deux dernières boucles de la ganse autour de l’ensemble du tas, en les glissant l’une dans l’autre. Cela forme un tour mort léger, suffisant pour maintenir l’amarre compacte.

Une autre solution, plus rapide, est d’utiliser une gansette coulissante - un petit anneau en corde ou en plastique - que l’on passe autour du paquet. Certains marins préfèrent une clef de bout, un petit morceau de corde rigide qui maintient la forme. L’important est que la fixation soit simple à retirer, car en situation de manœuvre, vous devez pouvoir lancer l’amarre d’un seul geste, sans défaire de nœuds compliqués.

Un cordage bien lové et bien fixé peut rester des semaines dans un coffre sans s’abîmer. Il suffit de le sortir, de le lancer - et il se déroule parfaitement, sans à-coups.

Différencier le lovage selon l’usage

Préparer l’amarrage à quai

Lorsqu’on prévoit d’accoster bientôt, le lovage doit être pensé pour une sortie rapide. On peut disposer l'amarre en huit sur le pont avant, ou la lover de façon à ce qu'elle parte immédiatement du coffre vers l'extérieur. L'idée est qu’une seule personne à bord puisse la passer à quai sans hésitation. Dans ce cas, on évite les sacs ou les attaches trop serrées: le bout doit filer librement.

Beaucoup de skippers expérimentés préparent leurs amarres à l’avance, en les disposant sur le pont avec un léger angle de sortie. C’est du bon sens: mieux vaut perdre 30 secondes à l’organiser que 5 minutes à lutter contre un cordage récalcitrant.

Le rangement longue durée en hivernage

En fin de saison, il faut plus qu’un simple lovage: il faut un entretien. Avant de ranger l’amarre, il est essentiel de la rincer à l’eau douce pour enlever le sel, qui fragilise les fibres. Une fois sèche, on la lovera calmement, sans forcer, en évitant les plis trop serrés. On la stocke ensuite à l’abri de l’humidité, hors de la lumière directe du soleil.

Un cordage bien conservé peut durer plusieurs années. L’erreur la plus courante? Le laisser en boule humide dans un fond de cale. C’est une condamnation à brève échéance.

Erreurs classiques et bonnes pratiques maritimes

L’influence du sens de commettage

Un détail souvent négligé: le sens de tressage du cordage. La plupart des amarres sont commises à droite, ce qui signifie que la fibre tourne dans le sens horaire. Si, en lovant, vous imprimez un quart de tour dans le sens inverse, vous créez une tension interne. À l’usage, cela se traduit par des torsions soudaines, des blocages dans les guindeaux, ou des nœuds qui apparaissent spontanément. L’idéal est de s’adapter au sens de la corde: observez comment elle se détend naturellement, et suivez-le.

Entretenir ses cordes maritimes

Le sel, la lumière UV, l’humidité - les ennemis du marin sont aussi ceux de ses amarres. Un rinçage régulier à l’eau douce est indispensable, surtout après chaque sortie en mer. Pour les amarres sous tension permanente, comme celles d’un ponton, un lavage tous les deux mois est recommandé.

Pour les cordages très usés, on peut envisager un traitement protecteur, mais sans excès: certains produits créent une croûte superficielle qui retient l’humidité. Le mieux reste encore la prévention: surveillance régulière, rotation des amarres, et remplacement avant rupture.

Synthèse des techniques de lovage par type de bateau

Type de bateauTechnique de lovage adaptéeRecommandations spécifiques
Petits voiliers (6-10 m)Lovage en ganses simples, avec tour mortPrivilégier un diamètre de 12 mm, facile à manipuler seul
Grands voiliers (10-15 m)Lovage en huit ou en spirale, suivant usagePrévoir des sacs séparés pour chaque amarre
Motoryachts / gros bateauxLovage mécanique ou enroulement sur tamboursL’amarre est souvent stockée en cale, nécessite un système de guidage
Unités professionnellesLovage en spirales serrées, marquage couleurInspection réglementaire mensuelle des points d’usure

Questions récurrentes

Pourquoi mon amarre finit-elle toujours par faire des coques?

Les coques apparaissent souvent quand on oublie d’imprimer un quart de tour à chaque ganse. Sans cette torsion, la tension interne du cordage s’accumule et se libère en nœuds. Le simple fait de tourner la main de 90 degrés à chaque boucle change tout.

Faut-il préférer le lover en huit ou le lover circulaire?

Le lover en huit convient mieux aux drisses et aux cordages fins, car il évite la torsion. Le lovage circulaire, en ganses superposées, est plus adapté aux amarres classiques, surtout en polyamide. Il prend moins de place et se déroule plus facilement.

Quel est le prix moyen d'une bonne paire d'amarres?

Le prix varie selon le diamètre et la matière. En général, comptez entre 30 et 80 € le mètre pour une amarre en polyester ou polyamide de qualité marine. Une paire de 15 mètres coûte donc entre 900 et 2 400 €, selon les finitions.

Par quel nœud commencer quand on débute le lovage?

Il n’y a pas de nœud à faire au départ. On commence par tenir l’amarre d’une main, l’extrémité dans l’autre, et on forme la première ganse naturellement. Les droitiers ont intérêt à guider avec la main gauche pour une meilleure coordination.

La garantie du fabricant couvre-t-elle l'usure par frottement?

Non, l’usure mécanique normale n’est généralement pas couverte par la garantie. Elle relève de l’entretien du bateau. C’est pourquoi les protections anti-frottement, comme les passe-partout ou les gaines, sont essentielles pour prolonger la durée de vie du cordage.

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